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L'Observatoire Régional des Lacs Alpins présente les sites palafittiques classés au Patrimoine Mondial de l'Unesco

ORLA, Observatoire Régional des Lacs Alpins, salle d'archéologie lacustre

© musée-château
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Deux salles de l'Observatoire sont consacrées à l’archéologie subaquatique. Elles évoquent, à l'occasion de leur inscription au Patrimoine mondial de l'UNESCO, l’importance des sites palafittiques, fabuleuses sources de connaissance sur l’histoire des civilisations avant l’apparition de l’écriture et témoins exceptionnels de l’évolution des communautés villageoises des Alpes du Nord, du Néolithique à la fin de l’âge du Bronze (4300 à 800 avant J.-C.). Issus des riches collections des Musées de l’agglomération d’Annecy,pilotis, outils en pierre taillée ou polie, poteries, végétaux sauvages ou cultivés, filets de pêche, épingles, haches, vannerie, bois et os de mammifères… et bien d’autres objets remarquables provenant de sites lacustres voisins viennent illustrer le discours.

 

L’archéologie lacustre et de son histoire

Cette science regroupe l’ensemble des fouilles et des recherches archéologiques réalisées au bord et sous ses eaux des lacs. L’absence de courant a « figé » les traces du passé, l’eau, les sédiments, la rareté en oxygène, les basses températures… ont permisde conserver les matériaux organiques(os, bois, vannerie, cuir, graines, etc.), que l’on ne retrouve pas en archéologie terrestre.

Les premières fouilles en milieu humide ont eu lieu en 1854 sur les bords du lac de Zurich par Ferdinand Kellerlors de la baisse du niveau du lac. Pendant plus d’un siècle, les fouilles en milieu lacustre consistaient en un ramassage d’objets, sans réelle préoccupation scientifique.

Aujourd’hui, accompagnant la découverte des objets, carottage, dendrochronologie, palynologie, archéobotanique et archéozoologie… sont autant de méthodes qui permettent  de « faire parler » les couches archéologiques, sources de précieux renseignements concernant l’environnement et les modes de vie de ces premiers occupants des bords des lacs alpins.

 

Palafittes ou cités lacustres, biens culturels majeurs en Europe

Palafitte provient de l'italien "palo" (pieu) et "figgere" (ficher). L’immersion des villages liée à l’augmentation du niveau des lacs, a permis une conservation remarquable des matériaux organiques tels que le bois, les textiles, les végétaux, les restes alimentaires, les outils en bois et même les vêtements ou les filets de pêche.

Chaque couche de sédiment a enregistré l’histoire des Hommes. Les sites ont souvent été occupés à plusieurs reprises. Les dépôts s’organisent alors en une succession de couches dont l’étude et la datation, grâce, par exemple au Carbone14,  permettent de retracer l’évolution des populations. Fabuleuses sources de connaissance sur l’histoire des civilisations avant l’apparition de l’écriture, les palafittes sont des témoins exceptionnelsde l’évolution des communautés villageoises préalpines du Néolithique, de l’Âge du Bronze et et du début de l’âge du Fer. Les habitants de ces cités lacustres étaient parmi les premiers agriculteurs et éleveurs des Préalpes, précurseurs de notre société moderne. Ils ont colonisé les bords de lacs et de rivières ainsi que les marais de 5000 à 500 av. J.-C.

A l’aide de la dendrochronologie (datation des bois par l’étude de leurs cernes annuels de croissance), l’archéologue est capable de dater à l’année près les différents éléments des habitats lacustres en bois et de comprendre ainsi l’évolution des communautés agricoles préhistoriques et le développement spatial des villages.  Plus de 50 000 bois issus des palafittes ont ainsi été répertoriés et datés.

L’archéobotanique, l’archéozoologie et de nombreuses autres recherches portant sur les différentes couches (strates) de sédiment contribuent à comprendre la naissance et le développement de ces premières sociétés agraires, marquées par l’apparition de nouvelles pratiques agricoles, l’élevage des animaux domestiques et de nombreuses innovations techniques (invention de la roue et du char, apparition du travail du cuivre, du bronze puis du fer …).

Grâce aux vestiges des villages palafittes et des restes organiques conservés par les eaux, les chercheurs reconstituent en détail leur civilisation, leur économie, leur histoire, leurs pratiques et leur environnement entre le 5ème et le 1er millénaire av. J.-C. Ils révèlent une diversité de cultures et les influences entre les différents groupes.

 

Les Palafites au Patrimoine Mondial de l'UNESCO

Depuis le 27 juin 2011, des sites palafittiques préhistoriques autour des Alpes sont inscrits au Patrimoine mondial de l’Unesco. Une sélection de 111 sites archéologiques de  « valeur universelle exceptionnelle », vestiges d’habitats datant de 5000 à 500 av. J.C., situés dans les lacs et les rivières, sur les berges ou dans des zones humides des régions alpines et subalpines de six pays.

Allemagne (18 sites)

Autriche (5 sites)

France (11 sites)

Italie (19 sites)

Slovénie (2 sites)

Suisse (56 sites)

Pour la France, les onze sites se répartissent dans six plans d’eau de de Franche-Comté et de Rhône-Alpes . Deux lacs du Jura français : Chalain (1 site) et Clairvaux (1 site) et quatre plans d’eau se situent tout ou partie en Savoie et en Haute-Savoie : lac d’Aiguebelette (1 site), lac du Bourget (4 sites), lac d’Annecy (3 sites) et la rive française du lac Léman (1 site).

Sous le contrôle d’un Groupe international de coordination, un plan de gestion et de développement intégrant tous les niveaux et autorités compétents de chaque pays, encourage les partenaires à surveiller, à protéger, à étudier et à valoriser les sites palafittiques.

 

Pour en savoir plus : http://www.palafittes.org/fr/